Halte

Dis moi tout ... "Ta gueule!"

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Y'a quelques temps, quand j'étais à la recherche d'un médecin pour nous aider mon homme et moi face à son addiction au porno, j'avais envoyé un mail à un psychothérapeute, un mail parce que j'en avais ras le bol de me prendre des vents au téléphone alors pour changer un peu de menu un vent par mail ça peut être sympa aussi. Le moins qu'on puisse dire c'est que ce médecin lui il est pas accro au Net, j'ai reçu sa réponse la semaine dernière, m'enfin considérant que moi je suis très (trop?) pressée d'en sortir je me dis que c'est un délai plus que raisonnable, le mec il a pas non plus que ça à faire.

Dans mon mail je lui expliquais en quelques lignes notre situation, et voici donc sa réponse:

Bonjour C...

Bien reçu votre email, oui vous avez besoin d'être aidés ensemble.
Que signifie pour vous deux cette dépendance ? Il serait peut être intéressant que vous fassiez une démarche de couple autour de ce sujet afin d'isoler vos vrais besoins.
Par la suite, l'un de vous deux pourra sentir le besoin d'aller plus loin au niveau personnel afin de mieux comprendre l'origine de cette fixation (tant pour lui qui est "actif" que pour vous qui la "subissez"). Cette fixation a certainement un sens dans chacune de vos histoires personnelles.

Bon courage et surtout ne baissez pas les bras, je suis sûr que vous pourrez être aidés.

Cordialement,


Quand j'ai montré ce mail à mon homme il a eu l'air contrarié et m'a dit "Boah, il répond à côté...", cinq minutes pour qu'il se décide à me dire ce que veut dire pour lui "il répond à côté", "Bin toi t'as pas de problèmes! Pourquoi il voudrait nous voir ensemble? On n'a pas de problèmes de couple! On s'aime, on va bien! Y'a que moi qui doit me soigner!"

Moi, moi, moi, moi... "ça ne te regarde pas! C'est MON jardin secret!" (découverte de l'addiction), "qu'est-ce que ça peut te foutre?! C'est normal! Tout le monde le fait! ça ne regarde personne d'autre que MOI!" (négation de l'addiction), "Je peux bien quand même en regarder de temps en temps! ça ME fait du bien!" (premières rechutes), "Je fais des efforts terribles! Tu ne fais vraiment rien pour M'aider!" (prise de conscience réelle associée au fameux c'est po ma faute et t'es méchante d'abord!), etc, etc...

Bin MOI cette réponse m'avait intéressée, y'a plein de non dits entre nous avec ce problème de porno dépendance et qu'il le veuille ou non SON addiction a eu (et a) des répercussions sur MOI, on ne peut pas vivre avec quelqu'un sans que ses actes ne se répercutent sur vous, en tout cas pas si cette personne a de l'importance pour vous. Je crois que tout ça il le nie, c'est dur à porter alors même que je ne le lui reproche pas, du moins je ne crois pas. C'est juste logique, ça n'est pas de sa faute dans la mesure où il ne l'a pas voulu mais c'est une vérité.

Seulement y'a peut-être des choses qu'il ne veut pas dire face à moi, je ne sais pas, il m'en a dit beaucoup parfois pour se rétracter très vite ensuite, comme par exemple sur sa famille: Les attouchements avec sa soeur beaucoup plus jeune que lui "une fois seulement" et son profond malaise ensuite, sa mère qui dit que sa soeur est le résultat d'un viol que son père a commis sur elle, la violence omniprésente, les cris, la peur, les larmes... "Je ne pleure pas parce que de toute façon j'ai tellement pleuré que je vois bien que ça sert à rien"... Et tout ce qu'il n'a pas dit et que j'ai vu? La relation totalement ambigüe entre son père et sa soeur qui, à 26 ans, rêve de vivre seule avec son père et écarte sans ménagement et avec une perfidie incroyable toutes les femmes qui s'en approchent? Ce père qui une fois sur deux dit "ma femme" au lieu de "ma fille" puis se rattrape rapidos? La jalousie incroyable qu'elle développe envers moi et la copine de leur autre frère?... A part ça mon homme n'a rien à dire à un psy, je vous le rappelle... Il m'a fallu six mois pour me dire "Merde c'est quoi cette famille?!" Et commencer à m'en méfier grave, y'a rien de "normal" chez eux, on n'y retrouve rien de ce qu'on ressent très vite dans une famille avec un minimum d'équilibre.

J'étais assez séduite par le mail de ce psy mais tant pis, si mon homme ne veut pas il ne veut pas, ça ne servirait à rien de le forcer il faut qu'il soit à l'aise et en confiance avec le médecin qu'il va voir sinon ça ne mènera à rien et peut-être que je n'ai pas à savoir ce qu'il se passera durant ces séances, peut-être même que ce ne serait pas bon pour nous que j'en sache trop, j'en sais rien.

Mais peut-être que moi aussi je devrais consulter de mon côté parce que qu'il le veuille ou non j'ai des trucs à régler avec sa porno dépendance, en fait c'est surtout des choses que je ressentais avant qui ont été exacerbées par la situation. En ce moment je réfléchis beaucoup sur ma petite personne, lui j'ai fait ce que je pouvais, maintenant: qu'il se démerde! De deux choses l'une: Cette fois ou il y arrive et on devrait pouvoir continuer ensemble ou il n'y arrive pas et je dégage... mais par contre ce qui est sûr c'est que je vais devoir passer toute ma vie avec moi-même et c'est pas toujours simple et je n'arrive pas toujours à me comprendre... je devrais peut-être consulter de mon côté, je devrais peut-être contacter ce psy juste pour ma pomme.

Vos commentaires

1 Le Jeudi 29 Juin 2006 à 00:19 GMT+2, par Yogi

Oui je trouve que l'avis de ce psy fait réfléchir … Si tu as choisi ton homme comme il est, si tu vis avec lui comme il est, c'est certainement que, au moins en partie,"vos névroses se complètent" comme on dit, et que vos comportements sont un peu en écho l'un de l'autre … Ta façon de répondre, de t'adapter à ses dérives à lui en disent sûrement long sur ce que tu es, sur ce que tu cherches et ce que tu fuis …

Et je crois que c'est très dur de vivre avec quelqu'un que l'on perçoit comme "ayant un problème", surtout si ce problème se dresse entre vous, brouille votre dialogue et l'image que vous avez l'un de l'autre, jusqu'au point où on ne voit plus l'autre qu'à travers ce "problème".
Et je crois que c'est très dur, culpabilisant, d'envisager de quitter quelqu'un qui est en difficulté, qui souffre, qui a "besoin d'aide". Jusqu'à quel point peut-on vraiment l'aider ? Que trouve-t-on soi-même dans la relation ? A quel moment devient-on une victime au lieu d'être une aide ?

Toutes ces questions sont difficiles …
Très bon courage à toi.

2 Le Jeudi 29 Juin 2006 à 10:36 GMT+2, par free

c 'est le même passage que je vis Dora.
Je ne peux rien, tu n'y peux rien, tant qu'eux ne pensent pas que c'est un problème.Tous les dépendants qui cherchent à se sevrer réellement, ont souffert de leur situation, ce sont eux, et eux seuls qui décident s'arrêter leur dépendance.Je n'ai jamais vu sur les forums(orroz, banzai, etc) de dépendant venir car sa conjointe lui demandait d'aller se sevrer.C'est une souffrance que je ne voudrais plus m'infliger.Tant que le plaisir est encore là, y'a pas de problème majeur pour eux.Le problème est nous, nous qui voulons les changer, et eux, pas encore prêts pour.
J'en arrive à me demander si des hommes dépendants ne se voient pas rester ainsi toute leur vie, ou si c'est déjà arrivé.
J'ai essayé la psy pour moi, trois séances, et rien à en tirer.
Je vais peut être tenter le sexologue, mais ce sera seule aussi, alors je me dis à quoi bon?
Que pourra t il pour moi, sinon, que de me faire accepetr la situation?
Je suis autant paumée que çà aujourd'hui.Laisser et oiblier, ne pas laisser et souffrir.Programmer notre séparation(y a pas un jour ou je n'y pense pas) par dépit.
Je ne peux pas conseiller, car je suis les deux pieds bien dedans.Je n'arrive pas à m'aider.
A plus+

3 Le Jeudi 29 Juin 2006 à 12:05 GMT+2, par orroz

"Je n'ai jamais vu sur les forums(orroz, banzai, etc) de dépendant venir car sa conjointe lui demandait d'aller se sevrer."
Pas sur les Forums, mais dans mon cabinet, il en vient. Et avec sa conjointe parfois. Il faut du courage mais parfois c'est tellement difficile à vivre que le dépendant fait appel à celle qui compte le plus pour lui. Cela ne semble pas le cas pour toi et pour Dora. Insistez pour le psy, vous n'avez peut-être pas encore trouvé le bon, mais cela est indispensable à mon sens, car le plus souvent la femme d'un dépendant est une dépendante elle-même : de son homme (affectivement ou financièrement) mais aussi du tabac, de l'alcool ou de la drogue.
Le fait de faire un travail sur soi fait non seulement du bien à soi-même, mais par résonance il fait du bien au conjoint. De plus, il se sent presque obligé de faire des efforts car il se sent dépassé. Et quand un homme se sent dépassé, surtout par une femme, il fait comme en bagnole : il accélère !!
Bon courage à toutes les conjointes

4 Le Jeudi 29 Juin 2006 à 16:20 GMT+2, par free

Je me demande , si on ne "se retrouve pas" parceque nous sommes deux êtres dépendants .....Dépendance affective, avec un multidépendant.Est ce que justement rien n'est du hasard, et que j'ai souvent lu qu'une codépendante retombait souvent sur d'autres hommes dépendants(même si elle se jure qu'elle ne veut plus de tout çà)
çà fait réfléchir tout çà, oui, vraiment à se dire que l'on doit travailler sur soi pour comprnedre, et aussi se faire suivre.
Merci de ton intervention.Free.

5 Le Vendredi 30 Juin 2006 à 08:16 GMT+2, par DorA

J'attends mardi prochain avec impatience et une certaine crainte aussi, c'est mardi que mon homme a rendez vous avec le sexologue et il nous a dit que sans doute mon homme aurait besoin de voir également un psyquelquechose (désolée Orroz mais avec tous les psyquelquechose qu'il y a moi je m'y perds), donc si ça passe bien entre mon homme et ce sexologue je pense qu'il suivra ses recommandations, dans le cas contraire et étant donné que je suis mise à l'écart de tout ça je devrais prendre les mesures qui s'imposent et ça me fait très peur.

On a parlé de ce rendez vous hier et mon homme a l'air satisfait d'y aller, j'espère juste qu'il ne va pas me gruger et tourner en rond pendant une heure au lieu de se rendre à ce rendez vous, je sais qu'il en est capable.

Dépendante, moi? Bien sûr! Ancienne dépendante au cannabis (ça remonte à plusieurs années maintenant), pas mal alcoolo pendant mon adolescence, dépendante à la clope, dépendante à mon homme (affectivement, en aucun cas matériellement, je comprends qu'on puisse l'être mais ça pour moi jamais!) Dépendante à mon obsession de sauver le monde aussi, ou en tout cas le mien de monde... Le Saint bernard dans toute sa splendeur débile, tout ce qui vit chez moi est du malheureux récupéré, bichonné, soigné, ça va des plantes en train de crever chez des parents ou amis, du chien anciennement battu, de la chatte récupérée à la SPA au cochon d'inde qui devait être piqué parce que portée impossible à donner, y'a un truc qui tourne pas rond... Et ma gamine que tout le monde autour de moi me conseillait de ne pas garder parce qu'on n'a pas de bébé à 17 ans?

Note que je ne regrette rien, au contraire j'en retire une grande fierté quand je regarde les résultats, c'est dingue comme tous me le rende au centuple, et même les plantes hein, je rigole pas, y'a que mon écorché de la vie d'homme qui me cause du souci... Seulement vous savez quoi? Je passe ma vie à la leur rendre belle à tous et vous savez le pire? ça me rend heureuse... Mais je voudrais bien comprendre...

6 Le Samedi 1 Juillet 2006 à 08:01 GMT+2, par orroz

Une piste ? Et si tu avais tout bêtement tendance à confondre l'Amour universel avec l'amour interpersonnel ? Imagine Mère Teresa en train de sauver un homme de l'alcoolisme par amour pour lui ! Elle n'aurait sans doute pas fait autant pour tous ces désoeuvrés, nespa ? Maintenant, si tu y trouves ton compte c'est ton affaire...
PS: un sexologue n'est pas forcément sexothérapeute, et j'en ai vu pas mal qui revenait d'une visite chez le sexologue convaincu que "tout est normal, on a le droit de se masturber même quand on est en couple, c'est ma femme qui a un problème de jalousie féminine" ! Donc, à voir...

7 Le Mardi 4 Juillet 2006 à 10:15 GMT+2, par DorA

Je ne sais pas, je ne crois pas, de mon homme j'attends des "retours" de l'amour que je lui donne, je considère qu'il me le doit et que s'il veut vivre avec moi il doit faire les efforts qui vont avec. Des autres je n'attends rien et pour ma fille je n'ai que l'espoir que nous continuerons à bien nous entendre mais je pense qu'elle ne me doit rien, n'ayant rien demandé.

Sinon pour le sexologue, oui je sais ne t'en fait pas, mais si mon homme revient en me disant qu'il a le droit parce que ce médecin le lui a dit c'est qu'il n'a vraiement rien compris et alors je saurais à quoi m'en tenir. ;)

8 Le Mercredi 5 Juillet 2006 à 06:42 GMT+2, par Calypso

Bonjour, vu l'heure, encore une nuit à passer à cogiter, suis une co- enfin une ex-co je crois.
Ca fait vachement de bien de savoir qu'il y a un lieu d'échange comme ton blog, me sentais seule et carrément perdue.
Tu as de la chance dans ton "malheur", je veux dire dans la dépendance de ton homme. Le mien était non seulement addict au téléphone rose, enfin est addict, mais en plus au S.M. hard, je sais vivi c'est glauque hein...
Et puis il y avait cette foutue violence verbale, il me rejette parce que je sais, parce que dans mon regard il voit ça quand il repense au passé récent.
Et que dire, ah vi, comme pour tous les addicts, il sait mentir et ne s'en prive pas. Il a reconnu qu'il avait un prb d'addiction, devait aller consulter quelqu'un et puis, d'un coup, il était dans le déni.
Actuellement c'est séparation. Voili, sais pas si je dois partir ou non, le miracle je n'y crois plus, il y a quelques jours on s'est revu et il m'a demandé si je croyais qu'il pouvait changer, il parlait de thérapie après m'avoir amoureusement embrassé, s'être blotti dans mes bras...et puis trop d'angoisse, il était perdu (il voulait que l'on se quitte définitivement, mais me revoir ça sonnait le retour à la réalité, il m'a dit "je suis fou" parce qu'il n'avait plus envie de tourner la page là, mais finalement sa peur a eu le dessus). J'ai lu que tu connaissais aussi ces changements de comportements.
J'ai été laminé moralement, psychologiquement, j'ai ressenti un énorme manque d'amour (là ça va mieux, mais comme tu vois c'est pas encore ça) Une semaine avant sa dernière crise c'était des je t'aime et tout et tout.
Comme pour toi, mon ami ne me laisse jamais partir, même si, à l'inverse, c'est lui qui me dit que c'est fini mais qui, en tous cas jusqu'à présent, revenait vers moi d'une façon ou d'une autre (me pleurant dans les bras comme si mes pleurs étaient contagieux ou reprenant un regard de petit ange le lendemain d'une dispute). Cette fois ça a l'air tout fini, mais je crois surtout qu'il veut continuer de faire le plein de ce à quoi il est accro pendant tout l'été égoïstement, et moi si je reste, faire le plein de pleurs et de désespoir de savoir ce qu'il fait, ou d'imaginer au moins et de me sentir exclue de la vie quelque part, faisant la "concierge" de l'appart', j'ai l'impression d'être enfermée en haut de la tour d'un château médiéval à attendre un retour incertain.

9 Le Vendredi 7 Juillet 2006 à 08:39 GMT+2, par DorA

Bonjour Calypso, les histoires de dépendance se ressemblent toutes avec quelques originalités en plus...
Tu dis que comme pour moi, ton ami ne te laisse jamais partir, mais ont-ils vraiment les moyens de faire ça ou est-ce que ça n'est pas plutôt nous qui ne sommes pas (encore) capables de foutre le camps? Et alors on saisit la moindre occasion qu'ils nous donnent pour rester tout en disant "C'est po ma faute!"?
Courage!

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